Partager l'article ! Il faut sauver le soldat vigneron: Une parcelle de vignes, c'est un peu comme un champ de bataille. Les soldats se retrouvent au petit m ...
Une parcelle de vignes, c'est un peu comme un champ de bataille.
Les soldats se retrouvent au petit matin face à l'ennemi. La brume n'a pas encore quitté l'air qui les entoure, les gouttes perlent déjà sur leurs cheveux humides de rosée. Tous observent avec
appréhension la zone où les combats vont avoir lieu. La tension est palpable, car tous savent qu'une longue journée les attend. Peut-être pas le D-Day, mais presque.
Les officiers, dont la poitrine porte l'insigne du régiment, observent leurs hommes. Dans leurs yeux peut se lire une fierté sans limite pour leurs soldats. Les consignes et les plans de
l'attaque sont communiqués. Tous les fantassins s'équipent, s'armant des meilleures lames, les plus aiguisées possibles. L'acier tranchant fait briller le regard des plus
chanceux, ceux ayant choisi un bon armement. L'odeur de mort se répand déjà sur le no man's land.
L'assaut est alors donné. Tous se ruent dans les tranchées de l'ennemi avec fougue et rage. Les lames sifflent et coupent, partout résonnent les bruits de matière vivante tranchée. La sueur
et la poussière couvrent les visages, le sang éclabousse. Des hurlements traversent le champ de bataille. Les soldats appellent les porteurs, car déjà les blessées jonchent la terre
graveleuse. La pulpe rouge sanguine couvre les mains des bouchers. Le carnage est total, sans pitié, presque jouissif. La pluie vient donner un cachet dramatique et apocalyptique à la
scène.
A la fin de l'assaut, lorsque la ligne de front ennemie a été perforée et traversée, lorsqu'il ne reste plus aucun ennemi, les corps sont usés. Le dos tire, les jambes grincent, les veines
sont encore saillantes sur les mains des assassins. Dans leurs regards se lit une grande lassitude, à peine atténuée par la cigarette déjà allumée. Certains pensent à leur belle, qui les attend
avec amour loin du front. D'autres rêvent à des jours meilleurs, à la fin des combats, à la fin de la guerre. Tous espèrent le retour au foyer le plus vite possible.
A l'arrière du front, des fossoyeurs sombres et froids récupèrent la chair des ennemis morts abattus. Le sang qui coule de ces montagnes de cadavres sera récupéré pour préparer une boisson aux vertus enivrantes très recherchée dans le monde entier. Cela en vaut sûrement la peine...
(Il vaudrait mieux que j'évite de penser à couper du raisin une fois rentré chez moi, ça devient obsédant)
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