Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 18:35

Une parcelle de vignes, c'est un peu comme un champ de bataille.

Les soldats se retrouvent au petit matin face à l'ennemi. La brume n'a pas encore quitté l'air qui les entoure, les gouttes perlent déjà sur leurs cheveux humides de rosée. Tous observent avec appréhension la zone où les combats vont avoir lieu. La tension est palpable, car tous savent qu'une longue journée les attend. Peut-être pas le D-Day, mais presque.

Les officiers, dont la poitrine porte l'insigne du régiment, observent leurs hommes. Dans leurs yeux peut se lire une fierté sans limite pour leurs soldats. Les consignes et les plans de l'attaque sont communiqués. Tous les fantassins s'équipent, s'armant des meilleures lames, les plus aiguisées  possibles. L'acier tranchant fait briller le regard des plus chanceux, ceux ayant choisi un bon armement. L'odeur de mort se répand déjà sur le no man's land.

L'assaut est alors donné. Tous se ruent dans les tranchées de l'ennemi avec fougue et rage. Les lames sifflent et coupent, partout résonnent les bruits de matière vivante tranchée. La sueur et la poussière couvrent les visages, le sang éclabousse. Des hurlements traversent le champ de bataille. Les soldats appellent les porteurs, car déjà les blessées jonchent la terre graveleuse. La pulpe rouge sanguine couvre les mains des bouchers. Le carnage est total, sans pitié, presque jouissif. La pluie vient donner un cachet dramatique et apocalyptique à la scène.

A la fin de l'assaut, lorsque la ligne de front ennemie a été perforée et traversée, lorsqu'il ne reste plus aucun ennemi, les corps sont usés. Le dos tire, les jambes grincent, les veines sont encore saillantes sur les mains des assassins. Dans leurs regards se lit une grande lassitude, à peine atténuée par la cigarette déjà allumée. Certains pensent à leur belle, qui les attend avec amour loin du front. D'autres rêvent à des jours meilleurs, à la fin des combats, à la fin de la guerre. Tous espèrent le retour au foyer le plus vite possible.

A l'arrière du front, des fossoyeurs sombres et froids récupèrent la chair des ennemis morts abattus. Le sang qui coule de ces montagnes de cadavres sera récupéré pour préparer une boisson aux vertus enivrantes très recherchée dans le monde entier. Cela en vaut sûrement la peine...

(Il vaudrait mieux que j'évite de penser à couper du raisin une fois rentré chez moi, ça devient obsédant)

Par Cheng
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 11:54

Première question : comment se fait-il que la désignation de la Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, sous tutelle de Borloo, ne soit annoncée dans le Journal Officiel que le 25 aout 2009, alors qu'elle occupe ce poste depuis le 23 juin 2009?? Voilà un triste reflet des petites lenteurs et imprécisions qui, je pense, minent quelque peu notre chère République.

Bref, passons. Cette Valérie Létard donc a été nommée lors du remaniement du gouvernement, ce dernier étant du coup appelé Fillon II. Elle a remplacé Nathalie Kosciusko-Morizet, partie aux technologies numériques. Ce jeu de chaises musicales, comme disent les journalistes, est résultat des élections européennes, suite auxquelles les politiques élus ne devaient plus être ministres (ça marche pour Dati, mais Hortefeux snobe Strasbourg). On a donc écarté une spécialiste en écologie, NKM, pour la remplacer par une spécialiste en social.

Car Valérie Létard, grande cumulatrice de mandats, a plutôt occupé des postes dans le social ou la ville. Elle a fait ses armes à Valenciennes (merci Papa Létard), aux côtés de Borloo. Conseillère régionale, vice-présidente de la commission habitat-politique de la ville au Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, puis sénatrice, elle préside également la commission Aménagement du Territoire et Politique de la Ville à Valenciennes. On appelle ça un sacré cumul de mandats (dans le cadre en haut à gauche de sa page web, elle assume!)! En plus de tous ces postes, elle a occupé le siège de Secrétaire d'Etat à la Solidarité. Ses travaux à ce dernier poste ont visé les autistes, les aveugles, l'égalité professionnelle homme-femme ou les violences conjugales, entre autres.

Mais cette désignation à un tel poste se fait à une période cruciale. En cette fin d'année 2009, se tiendra le Sommet de la Terre de Copenhague. Peut-être l'évènement politique international le plus important et le plus décisif de ce début de millénaire. Les pays du monde entier devront, à travers leurs représentants politiques, prendre des décisions déterminantes pour l'avenir de l'humanité. Certains spécialistes du climat estiment que si rien n'est fait de plus pendant les dix prochaines années, la quantité de gaz à effet de serre dans l'atmosphère sera irreversible, et il ne nous restera que l'attente et la survie face aux dérèglements en tous genres.

 

Ma deuxième question se pose alors : pourquoi écarter du poste de Secrétaire d'Etat chargée des négociations sur le climat une spécialiste en la matière, j'ai nommé NKM, qui aurait pu ériger la France comme un des leaders mondiaux de la lutte contre le rechauffement climatique, et la remplacer par une cumularde, qui n'a probablement pas le temps de maîtriser son sujet et ne sera pas capable de prôner de réelles innovations??

Par Cheng
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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 17:56
L'Afghanistan n'est décidément pas sorti d'affaire.
Abdullah Abdullah et Hamid Karzaï revendiquent tous les deux la victoire à l'élection pour la présidence afghane. Les résultats officiels et définitifs n'ont pas encore été fournis, que déjà nos deux protagonistes avancent des chiffres totalement différents. Leurs arguments se basent sur des observations d'observateurs, c'est-à-dire sur à peu près rien de fiable et officiel.
On peut malheureusement imaginer que lorsque les résultats seront publiés, le perdant n'en restera pas là. Si tant est que ces résultat soient non modifiés par quelque tricherie et corruption. A ce sujet, les observateurs de l'Union Européenne parlent de scrutin équitable mais pas libre!

Ainsi, si triche il y eu, ce qui parait fort probable si l'on accorde du crédit aux observateurs enoyés là-bas en notre nom, j'imagine que les perdants vont défendre corps et âme leur favori déchu. Armes aux poings, je vois déjà les foules de résistants arpenter les rues en hurlant leur colère face aux caméras du monde entier. Manifestants et guerilleros se retrouveront mêlés dans cette masse vociférante. Conflits tribaux ancestraux et extremismes religieux auront champ libre pour leurs exactions, les pouvoirs publics de l'Etat étant pris à parti par les manifestants.



La démocratie dans tout ça? La voix du peuple qui s'exprime? Cette voix inaltérable, irréfutable, inébranlable? Cette situation ne rappelle-t-elle pas les émeutes iraniennes de cet été?
Le Moyen Orient n'est-il pas en train d'envoyer un message fort à l'Occident démocrate? Que doit-on retenir comme leçon, face à l'échec systématique de notre système dans d'autres cultures et nations? Est-ce une solution idéale pour l'humanité toute entière, ou seulement pour l'Occident?
Ainsi, le doigt encré des votants afghans ne représente-t-il pas un espoir vain apporté par les Américains et leurs confrères? N'est-ce pas une promesse que nos dirigeants leur ont faite et nous ont fait, pour se justifier de leur invasion?
Je souhaite que l'Afghanistan connaisse la paix, mais peut-elle la connaitre grâce à la démocratie américaine, française, allemande, athénienne? Alors que ces mêmes démocraties ont découpé leur pays avec des tracés aléatoires, séparant les communautés et les cultures.
Par Cheng
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 19:07

Le train est vraiment un moyen de déplacements plein de surprises.

Fort de ma carte 12-25 acquise auprès de la SNCF, j’use et abuse des réductions qu’elle m’offre pour me déplacer à travers la France pour diverses raisons.

 

Il y a peu, je me rendais de Montpellier à Nevers. Ayant préféré éviter de payer une centaine d’euros l’aller vers Auxerre, je choisis la solution la moins onéreuse mais la plus longue. Neuf heures de train m’attendaient, que je choisis de passer en compagnie d’un livre conséquent. J’étais justement plongé dans « Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » de Jared Diamond lorsque le train quittait la gare de Nîmes. Le guarrigue nimoise aux tons gris, sable et kaki m’étant plus que familière car semblable en tous points à la montpelliéraine, je dévorai les chapitres de mon essai anthropologique sans remords et sans regards vers le paysage. Les taillis de chênes verts défilaient de l’autre côté de la fenêtre dans l’indifférence générale, tout du moins la mienne.

 

Absorbé par ma lecture, mon esprit voyageait entre les sociétés polynésiennes, l’île de Pâques et les pueblos de l’Arizona. Une bonne heure et demie s’était déroulée depuis mon départ de Nîmes.

C’est alors que je lève les yeux vers le paysage défilant à toute vitesse, étant interrompu dans ma lecture par les secousses brutales de mon wagon. Je découvre alors un panorama inattendu et magnifique, le genre de ceux qui vous rappelle que vous êtes vraiment en hiver. Déroulent sous mes yeux des collines à perte de vue, couvertes de résineux, aux allures de taïga. La neige recouvre le tout et donne aux lieux cet aspect vieille photo, aux nuances de gris, propres aux forêts enneigées. La voie ferrée serpente entre ces collines et frôle des sapins énormes. Le train gris et sale dans lequel je suis et que j’aperçois lorsque la ligne serpente rajoute à l’ambiance soviétique. Le cadre n’a rien à envier aux romans de Fedorovsky à travers la Sibérie inhospitalière. L’imagination se laisse emporter par les lieux. On s’attend à tout moment à voir une troupe de soldats de l’Armée Rouge en train de se réchauffer l’estomac à la vodka autour d’un feu en chantant. De même que quelques cavaliers cosaques ne feraient pas tâche, Tolstoï lui-même ne me démentirait pas. On ne s’étonnerait pas de voir, dans les rivières aux flots tumultueux et limpides que l’on traverse, des orpailleurs avec leurs cabanes de rondins comme sur les rives du Yukon ou des kayaks iroquois chargés de gibier. Les vieux camions Citroën bleus ardoise enneigés en bords de voie rajoutent à la magie ancienne du lieu.

 

Ce décor incroyable m’emplit de romantisme et d’admiration, tant il me rappela tous mes rêves d’étendues nordiques blanches et hostiles. Depuis toujours attiré par les régions nordiques, de l’Amérique à la Sibérie en passant par la Scandinavie, je me suis quelque peu rassasié aujourd’hui. L’Auvergne sous la neige est magnifique, traverser la France est décidément un bonheur.

Le transauvergnat, un avant-goût du Transsibérien ?

Par Cheng
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 18:46
Les médias, toujours les médias...
Ils se plaignent, parlent de ceux qu'ils ont dit les uns sur les autres, de ce que tel média dit de tel média. Craignent les changements, sont attachés à leurs pubs, leurs temps de parole, leur horaire de diffusion. Craignent la main-mise du Président et des grands patrons, craignent en même temps de ne plus dépendre d'eux. Se vantent d'être indispensables, que dis-je, révélateurs d'une société libre et démocratique. Pensent que l'emprisonnement de trois journalistes en Chine est presque plus grave que la soumission par le gouvernement pseudo-communiste de millions de travailleurs sans protection sociale, et parfois arrivent par leur martèlement agressif à nous le faire penser (pas vrai Robert Ménard?). Ils se croient indépendants.

Mais, quand je vois l'attention accordée à une des équipes les plus titrée de l'histoire des sports d'équipes français, je suis indigné par ces médias. Les experts ont littéralement maîtrisé leur sujet, étouffé les croates sur la dernière ligne droite, écrasé physiquement leurs adversaires et régalé le public de buts monstrueux tout au long de la compétition. Pour couronner le tout, les joueurs sont tous excellents, formant une dream team ignorant toute critique. Et ils sont détendus, sympas, à l'aise devant la caméra et sans prétentions. Bref, ils ont tout pour devenir des symboles, des stars même.

Et quoi? Je vois au journal télévisé que le reportage qui leur est consacré dure trois minutes? En milieu de journal? Presque exposé à la va-vite. Du style "Oui c'est bon, on l'a dit qu'ils ont gagné, on le savait déjà avant de toute façon..."
Et je ne parle même pas de la couverture du sujet par le laxatif et insipide Chamoulaud, pourtant en direct après le match... Son Stade2 était comme une opiumerie japonaise de début du siècle, tout était là pour en faire quelque chose de grand, mais ça finit en lapidation de clients, donc de téléspectateurs...
Mais bon sang, n'est-ce pas là le signe de la dépendance des médias au fric, aux espèces sonnantes et trébuchantes? Oui, le handball ne brasse pas de sponsors au carnets de chèques faramineux, oui le handball n'est pas un des sports les plus pratiqués dans l'hexagone, oui personne n'achète de maillots du missile anti-char Narcisse (et pourtant ils devraient), de Dinart ou de Karabatic, et oui personne n'est obligé de subir des émissions spéciales s'il n'en a pas envie. Mais le handball français est loin des ambiances fumeuses et poisseuses d'un football français avec Domenech. Et le handball français gagne tout, Championnat d'Europe, Championnat du Monde et Médaille d'or olympique!

Alors faites nous rêver, parlez de cette bande de potes qui déconnent non stop, s'éclatent, nous éclatent et éclatent leurs adversaires. Merci bien le service public, vos Lyon-Marseile soporifiques en prime-time avec vos maillots Pitch ridicules, vendez-les, jettez-les, je ne sais pas moi, recyclez-les!

Bravo les Experts!
Par Cheng
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